Je n'ai pas envie de te revoir mais je ne sais pas trop pourquoi
On ne prend pas toujours les meilleures décisions. J’sais pas combien de fois j’ai du me dire cette phrase-là dans ma vie. Une fois par semaine minimum. 1 664 fois en tout. La tête dans le cul, toute nue dans mon lit, le chat couché sur mon chest en ronronnant à tue-tête, le cou cassé sous tout le poids de son amour pis les mamelons sul bord de gercer tellement y fait frette, c’t’un moment de même.
J’me trouve dure avec le sexe opposé. Avant je me retrouvais avec le sexe opposé dur, les années passent et les choses changent. J’suis hermétique, froide, c’est comme si j’avais réalisé que j’avais pas besoin d’eux pour vivre ma vie. Mais au lieu d’me dire ça, on dirait que j’me dis que j’aurais pu JAMAIS besoin d’eux pour vivre ma vie.
J’suis rendue tellement bien toute seule, sans farce ça m’a pris 30 ans pour avoir le désir de passer des moments seule pis les savourer. Pas être obligé de m’étourdir dans des soirées à n’en pu finir. Connais-tu la satisfaction d’être en bobettes dans ton salon et de double dipper tes crudités dans ta p’tite vinaigrette 3x par jour en regardant Friends? C’est ça le bonheur.
J’ai vraiment perdu tout intérêt dans la démarche de séduction. C’est comme plate. À l’image du reste de ma vie, j’ai passé d’un extrême à un autre. Dater en série et m’enfermer à regarder des séries.
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J’en suis consciente, j’suis devenue une ermite. Pis j’ai comme peur que le goût de dater me revienne jamais. L’excitation de la première rencontre, les textos échangés avec un sourire aux lèvres, tsé la belle patente quand tu commences ta vie de dating. Pas après 430 dates en 10 ans, des déceptions pis des condylomes.
Donc j’me suis dit que j’allais faire un effort et cesser de trouver tous les pires défauts à mes dates. Laisser une chance, être plus ouverte, moins pognée du cul pis stiff. Arrêter d’être une bitch.
Pis c’est vraiment pas si facile.
Le gars que j’ai abandonné dans mon lit pour aller me réfugier sur le sofa m’a retexté. Move que je ne comprends pas d’ailleurs. Moi, j’me serais jamais réécrit. On se souviendra qu’on avait bu, je lui avais offert le gîte, et en pleine nuit j’avais été dormir sur mon sofa, sa présence m’étant absolument insupportable. Si un gars m’avait fait ça, je l’aurais trouvé très ordinaire et il aurait jamais eu de mes nouvelles.
Faque il me retexte, il veut qu’on se revoie me dit qu’il a passé une belle soirée. Tant mieux s’il s’est pas senti traité un peu comme une merde.
J’me demande ce que je lui reproche, tsé pourquoi je veux pas être avec ce gars-là? Il est gentil, attentionné, respectueux, mais cr*ss qu’il était mal habillé. C’tu vraiment juste ça la raison? Parce que c’est futile.
Pis là il me texte des LONGS paragraphes, me disant qu’il veut pas me faire peur, qu’il veut pas de mariage et tout, qu’il était curieux de me connaître davantage, qu’on avait passé un bon moment.
Et il finit par « si ça avait été juste pour le sexe, j’aurais choisi un moment ou tu n’étais pas dans ta semaine ».
Je comprends pas pourquoi il ressent le besoin de me dire ça, déjà j’étais pas emballée de cette rencontre, là je suis turné off. Pourquoi tu me parles de mes menstruations, garçon? Filtre un peu tes propos sérieux tu parles ben trop, c’est pas pertinent pis ça m’énerve.
Pour vrai des fois, c’est mieux moins en dire que trop. On a eu une date, on se relance, pis on voit l’intérêt de l’autre pis ça finit là. Pas besoin d’entrer dans les détails sur nos intentions pis nos attentes, les nerfs cr*ss.
Ça se veut rassurant, mais ça sonne comme un avertissement.
Moi je réponds le strict minimum, lui m’écrit des textos de 10 lignes, moi je réponds en 4 mots. C’est pas par méchanceté, j’ai juste rien à dire. Le gars se fait littéralement un monologue virtuel, et voyant mon manque d’intérêt, il capote un peu et se justifie encore plus.
Tsé quand tu vois que l’autre veut moyen pis que t’es rendu à dire n’importe quoi juste pour le revoir « oui mais je peux fitter dans ton horaire, je peux aller te porter des muffins à ta job si tu veux ».
Le monde qui veule trop on dirait que ça nous allume pas. On a comme moins envie.
Lui m’écrivait pratiquement 3x par semaine. Pendant 3 semaines. On était passé des paragraphes aux vidéos de chats. Super cute, mais ça me tapait sur les nerfs.
Cr*ss le gars prend le temps de m’envoyer des compilations de félins mignons et moi je lui reprochais.
Il me gossait.
Sa gentillesse me gossait.
Le fait qu’il m’aime ben me gossait.
Ses petits mots me gossaient.
TOUTE me gossait.
Et là je t’entends me traiter de grosse conne.
J’ai fini par me sentir coupable. Je devais lui laisser une chance, il était vraiment super et il méritait pas Merlin qui ghost pas, mais qui est pas trop là non plus.
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Reprogramme une date.
Première fois, j’aurais pas pu te dire pourquoi il me donnait pas envie de virer su’l top. Là. Je savais. Je remarquais chaque petite affaire. Pis j’essayais de ma parler intérieurement, de me convaincre qu’il était parfait pour moi.
Au lieu de fonctionner, sa douceur et sa gentillesse ont continué de m’exaspérer. Un moment donné j’avais l’œil qui sautait, syndrome du psychopathe en phase de développement. Je le feelais juste pas.
À la place de m’imaginer avec lui, je me voyais sur mon sofa à flatter mon chat en mangeant des chips trempés dans trempette à ciboulette.
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Je lui ai dit à la toute fin. « T’es vraiment super, mais je ressens rien. J’ai pas de p’tit feeling, c’est plate parce que t’es le gars que toutes les filles souhaitent. »
Et lui de me répondre : « Pas de souci! Mais veux-tu venir chez nous? Tu dois avoir des besoins de femme à combler. »
C’était comme un troubadour qui m’invitait à baiser. Tsé quand t’es juste trop fin. Je l’imaginais me murmurer du dirty talk médieval. Laissez-moi baisser le pont levis et pénétrer votre château. FÉLINDRA tête de tigre!
J’suis partie chez nous en déclinant son offre.
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Les opinions exprimées dans cet article sont celles de la collaboratrice et ne reflètent pas nécessairement la position de Narcity Media sur le sujet.
