Le chef du Parti populaire du Canada est ouvert à rouvrir le débat sur le droit à l'avortement au pays
Certains états des États-Unis ont sorti des lois très restrictives la semaine dernière concernant l'avortement, dont l'Alabama avec sa loi la plus sévère au pays qui interdirait l'interruption de grossesse même dans les cas de viol et d'inceste. Les gens se sont mobilisés contre ces lois et plusieurs manifestations ont eu lieu. Le débat se retrouve maintenant au Canada, alors que le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a refusé de prendre position sur la question.
Le chef était de passage à Québec, qu'il considère comme une région propice à son parti, pour annoncer ses neuf nouveaux candidats. Il n'a pas voulu répondre aux journalistes concernant s'il était « pro-vie » ou « pro-choix », selon La Presse. Si l'un de ses candidats décidaient de réouvrir le débat, il ne s'y opposerait pas. Il se donne le droit de voir plus tard si il serait pour ou contre un tel projet de loi qui réduirait le droit des femmes à disposer de leur corps.
« Ce sera un vote libre. Lorsque des députés déposent des projets de loi sur différents sujets, c'est la démocratie en action », a expliqué Maxime Bernier mardi lors de la présentation de ses candidats, selon Radio-Canada.
Lorsqu'il était chez les Conservateurs, M. Bernier a déjà voté contre des projets de loi qui auraient donné des droits aux foetus. M. Bernier explique maintenant que le parti qu'il a fondé n'aura jamais de position officielle sur la question.
Les réactions ne se sont pas fait attendre au Québec. Isabelle Charest, député de la CAQ dans Brome-Missisquoi et ministre déléguée à l'éducation, mentionne que la CAQ sera toujours là pour défendre ce droit des Québécoises.
La co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé a aussi dénoncé ces paroles de Maxime Bernier qu'elle trouve « archaïque ».
« Maxime Bernier veut nous ramener au siècle dernier lorsqu'il propose son « beau risque ». Celui où une majorité d’hommes élus va débattre et voter « librement » au sujet de l'avortement et du corps des femmes. Archaïque! La liberté importante ici, c'est celle des femmes: c'est mon corps, c'est mon choix.» a-t-elle écrit.
Cependant, avant que ça ne se rendre à la Chambre des communes, il faudrait pour cela que le parti de Maxime Bernier soit élu aux prochaines élections. Il compte présenter un candidat dans chacune des 338 circonscriptions fédérales Canadiennes pour octobre 2019.
