La sortie de la femme dâaffaires survient le jour mĂȘme de la publication du Bilan-Faim 2026 des Banques alimentaires du QuĂ©bec. Le rapport rĂ©vĂšle que le rĂ©seau rĂ©pond dĂ©sormais Ă 3,27 millions de demandes dâaide alimentaire chaque mois, soit 150 000 de plus quâen 2025, et que prĂšs dâun mĂ©nage sur quatre qui y a recours tire sa principale source de revenus dâun emploi.
Câest dans la foulĂ©e de ce bilan que son nom et celui de son entreprise ont Ă©tĂ© mentionnĂ©s dans plusieurs articles et entrevues, explique-t-elle. Ce nâest dâailleurs pas la premiĂšre fois quâelle doit dĂ©fendre son modĂšle : en juillet dernier, sur le plateau de Yâa du monde Ă messe, elle se dĂ©fendait dĂ©jĂ de bĂątir son succĂšs sur la misĂšre des gens.
Selon elle, la clientĂšle grandissante de ses magasins reflĂšte surtout une rĂ©alitĂ© de plus en plus difficile pour la population quĂ©bĂ©coise, qui peine Ă se nourrir Ă prix abordable. Familles, population Ă©tudiante, personnes en emploi ou Ă la retraite : elle affirme voir chaque jour des gens qui tentent dâĂ©tirer leur budget sans couper dans lâessentiel.
Les banques alimentaires au cĆur des critiques
Marie-Ăve Breton sâattaque dâabord Ă une critique qui revient souvent : lâidĂ©e que Liquidation Marie vendrait de la nourriture qui devrait plutĂŽt aller aux banques alimentaires.
« Ce nâest pas notre dĂ©marche », tranche-t-elle.
Elle prĂ©cise toutefois que lâentreprise accepte parfois des lots de fruits et lĂ©gumes qui ont dâabord Ă©tĂ© proposĂ©s Ă ces organismes, mais que ceux-ci ont choisi de refuser. Chaque banque alimentaire a ses propres critĂšres et contraintes, souligne-t-elle, et lâentreprise dit respecter leurs dĂ©cisions.
Certains de ces aliments prĂ©sentent des dĂ©fauts visuels, ce qui fait partie de lâapproche anti-gaspillage de la banniĂšre. La propriĂ©taire admet cependant que ça ne justifie pas tout : les commentaires de la clientĂšle sur la qualitĂ© « mĂ©ritent dâĂȘtre pris au sĂ©rieux », Ă©crit-elle.
Elle reprend aussi un argument quâelle avançait dĂ©jĂ cet Ă©tĂ© : une Ă©picerie moins chĂšre permettrait Ă certaines familles de se nourrir avec leur propre budget, sans avoir Ă recourir Ă lâaide alimentaire, ce qui pourrait allĂ©ger la pression sur les banques alimentaires.
« Nous partageons une préoccupation fondamentale : que les gens puissent manger. Chacun contribue à sa façon », ajoute la fondatrice de Liquidation Marie.
« Nous avons parfois de la difficulté à y répondre »
Marie-Ăve Breton ne nie pas que lâachalandage pose des dĂ©fis. Elle reconnaĂźt que la demande est forte et que les succursales nâarrivent pas toujours Ă suivre.
« Il y a cinq ans, je nâaurais jamais imaginĂ© vous dire quâun produit offert Ă un prix vraiment accessible pourrait partir aussi rapidement », Ă©crit-elle, ajoutant quâelle comprend la dĂ©ception des personnes qui se dĂ©placent pour rien.
Pour amĂ©liorer la situation, lâentreprise dit nĂ©gocier chaque jour avec de nouvelles sources dâapprovisionnement et ajuster ses opĂ©rations afin dâoffrir plus de choix.
Une entreprise privée qui assume sa rentabilité
La fondatrice ne sâen cache pas : Liquidation Marie est une entreprise privĂ©e qui doit faire des profits. « Je l'assume avec transparence », dit-elle, en expliquant que cette rentabilitĂ© permet Ă la banniĂšre dâinvestir et de faire vivre plus de 650 membres du personnel.
Pour rappel, lâĂ©picerie mise sur les surplus dâinventaire, les produits dĂ©classĂ©s, les emballages abĂźmĂ©s et les aliments dont la date « meilleur avant » approche ou est dĂ©passĂ©e, ce qui lui permet dâafficher des prix bien en dessous de ceux des grandes chaĂźnes.
La propriĂ©taire reconnaĂźt que la croissance rapide de lâentreprise amĂšne son lot de dĂ©fis et quâelle nâa pas rĂ©ponse Ă tout, mais elle se dit dĂ©terminĂ©e Ă sâamĂ©liorer.
Plusieurs ouvertures cet automne
MalgrĂ© les critiques, lâexpansion se poursuit. Liquidation Marie a ouvert une succursale Ă Victoriaville en septembre, puis une autre Ă Sainte-Julie le 15 octobre dernier.
à Saint-JérÎme, le magasin déménagera en novembre au 1115, rue Jean-Baptiste-Rolland, dans un local de 15 000 pieds carrés qui deviendra le plus grand de la banniÚre au Québec.
La Mauricie aura aussi droit Ă sa toute premiĂšre adresse sous peu, au 2410, rue des Vitrines, Ă Trois-RiviĂšres, dans le secteur du District 55.
Marie-Ăve Breton vise une cinquantaine de succursales Ă travers la province dâici trois ans.