Un expert montréalais décortique les impacts du reconfinement sur le dating
Confinement, déconfinement, reconfinement : la COVID-19 n'est pas douce non plus avec les célibataires. Rencontrer de nouvelles personnes est devenu ardu, surtout si on souhaite le faire en personne. Un sociologue a accepté de répondre à nos questions au sujet de l'impact du reconfinement sur le dating.
Limiter les contacts sociaux à l'extérieur, ne pas inviter d'ami chez soi, ne pas visiter d'ami, fermer les bars, les restaurants, les cafés, disons que les temps sont durs pour le dating.
Abordant en ce sens, Francis Boilard, sociologue et professeur de sociologie au cégep Édouard-Montpetit, répond à nos questions.
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En quoi le reconfinement atteint-il les célibataires?
Au Québec, plus d'un million de personnes vivent seules. Et même s'il y en a un peu partout, elles se trouvent davantage dans les grands centres, selon ce que raconte M. Boilard.
« Le reconfinement replonge les célibataires qui habitent seuls dans un isolement qui peut ressembler à celui du premier confinement. La différence, c’est que maintenant, le niveau d’alerte d’une région administrative (jaune, orange, rouge) a un impact sur leur degré d’isolement », explique Francis Boilard.
Dans une société qui fonctionne bien, les membres doivent y être bien intégrés. Et faire l'épicerie ou passer à la pharmacie n'est pas suffisant pour « créer ce lien social ».
« Des études sociologiques montrent que l’une des meilleures protections contre le suicide, c’est l’intégration . Donc, c’est possible que le reconfinement fasse augmenter le taux de suicide des célibataires au Québec. Surtout en zone rouge. Il faudra attendre un an ou deux pour avoir ces chiffres », précise le sociologue.
Que sont devenues les dates depuis le reconfinement?
« Depuis la COVID-19, beaucoup de rencontres se déroulent sur les apps comme Tinder, Bumble, Hinge, OkCupid, etc. »
Pour le sociologue, le cas de Montréal est très intéressant, puisque « c’est une zone rouge avec un marché de l’amour très actif ».
Si, lors du premier confinement, les sorties à l'extérieur étaient permises, on ne pouvait néanmoins pas recevoir de la visite. Présentement, pour les zones rouges, c'est l'inverse qui se passe.
« Les gens qui habitent seuls peuvent se choisir un ou une '' élu.e '' sauf qu’avant de fixer leur choix, la classique marche au parc n’est plus autorisée. »
Actuellement, les sociologues s'attardent aussi aux décalages entre loi et respect de la loi. Car si certains célibataires restent très dociles, d’autres étirent plutôt l'élastique.
Après huit mois de dating à saveur COVID-19, « des usagers admettent qu’ils continuent de swiper, dit Francis Boilard, mais qu’ils manquent d’énergie pour entretenir les discussions par messageries, nécessaires pour poser les bases des rencontres en personne. »
Il ajoute que l'option de recontacter de vieilles flammes peut alors devenir tentant pour certains.
Y a-t-il moyen pour les célibataires de tirer profit du reconfinement?
« Mettre son dating sur pause pour évaluer comment donner sens à sa vie peut être une façon de tirer profit du reconfinement », avance le sociologue.
Lors du premier confinement, on a noté une hausse du nombre de personnes sur les applications de rencontres, et c'est probablement ce qui se passe aussi en ce moment en zone rouge, selon lui.
« C’est donc un bon moment pour s’activer et créer des contacts avec des gars ou des filles qui, en temps normal, feraient tout simplement leur vie au lieu de se chercher un partenaire pour combler leurs besoins relationnels. »
Et si les Zoom, Teams et Skype de ce monde ont pris de plus en plus de place dans les journées de travail, il en est de même du côté des rencontres amoureuses.
« La date vidéo est moins engageante que la rencontre en personne et elle permet quand même d’avoir une bonne idée de comment le courant passe avec l’autre, » croit Francis Boilard.
Avant le premier confinement puis lors du déconfinement de cet été, « proposer la rencontre vidéo pouvait être mal vu. »
Tandis que maintenant, c'est légitime et normal, et ça permet de respecter les consignes sanitaires. « Donc oui, termine le sociologue, il y a moyen de tirer profit de ce reconfinement. »

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