Selon les données recueillies auprÚs des organismes communautaires partenaires de Moisson Montréal, 24,6 % des ménages ayant déclaré leur principale source de revenus dépendent d'un salaire pour subvenir à leurs besoins.
Autrement dit, mĂȘme en travaillant, certaines personnes n'arrivent plus Ă joindre les deux bouts et doivent se tourner vers les banques alimentaires pour se nourrir.
Mais qui sont ces Montréalais et Montréalaises qui ont besoin d'un coup de pouce pour remplir leur frigo?
Qui a recours à l'aide alimentaire à Montréal?
D'abord, contrairement à ce qu'on pourrait croire, les personnes sans emploi ou bénéficiant de l'aide sociale ne sont pas les seules à fréquenter les banques alimentaires.
Voici la répartition des principales sources de revenus des ménages ayant recours aux banques alimentaires, selon le Bilan-Faim 2026 :
- Aide sociale : 35,9 %
- Revenu d'emploi : 24,6 %
- Aucun revenu : 11,7 %
- Pension de la Sécurité de la vieillesse : 9,1 %
- PrĂȘts et bourses Ă©tudiants : 4,7 %
- Allocations familiales : 4 %
- Assurance-emploi : 2,5 %
Les données révÚlent également que les personnes vivant seules sont les plus nombreuses à demander de l'aide alimentaire, représentant 38,3 % des ménages qui bénéficient de ces services.
Suivent les familles biparentales (26 %), les familles monoparentales (19,1 %) et les couples sans enfant (8,9 %).
La situation peut ĂȘtre particuliĂšrement difficile pour les personnes seules, qui doivent assumer l'ensemble des dĂ©penses essentielles avec un seul revenu, notamment le logement, l'Ă©picerie et le transport.
Une aide qui devient de plus en plus nécessaire
Le recours aux banques alimentaires n'est d'ailleurs plus seulement une solution temporaire pour traverser une période financiÚre difficile.
Selon un sondage interne cité dans le rapport, deux organismes communautaires sur trois constatent une forte augmentation du nombre de ménages qui sollicitent réguliÚrement leurs services.
« Pour plusieurs mĂ©nages, le dĂ©pannage alimentaire ne sert plus seulement Ă traverser une urgence ponctuelle. Il devient une façon rĂ©guliĂšre de complĂ©ter un budget qui ne suffit plus Ă couvrir lâensemble des besoins essentiels », peut-on lire.
Cette réalité touche des profils variés, notamment des familles, des jeunes adultes, des étudiants et étudiantes ainsi que des personnes sur le marché du travail.
« Chaque semaine, nous accueillons de nouveaux visages, mais nous revoyons aussi de nombreux bĂ©nĂ©ficiaires qui, malgrĂ© leurs efforts, continuent dâavoir besoin de soutien alimentaire, mois aprĂšs mois », tĂ©moigne ValĂ©rie Trudel, responsable du dĂ©veloppement communautaire et des communications chez Adrianna Espace Collectif.
PrĂšs de 270 000 personnes ont besoin d'aide alimentaire
L'ampleur de la situation donne également le vertige. Chaque mois, les organismes partenaires de Moisson Montréal répondent à plus de 1,25 million de demandes d'aide alimentaire, notamment sous forme de paniers de provisions, de repas et de collations.
Au total, 269 897 personnes différentes bénéficient de ces services, dont 32,6 % sont des enfants.
Malgré une hausse considérable des quantités de nourriture distribuées au cours des derniÚres années, les ressources demeurent insuffisantes, souligne le rapport.
Le bilan révÚle d'ailleurs qu'un organisme sur deux doit réduire la taille de ses paniers pour venir en aide à davantage de ménages, tandis qu'un sur quatre affirme devoir refuser des personnes dans le besoin.
Le coût des loyers pointé du doigt
Pour Moisson MontrĂ©al, la crise alimentaire ne peut toutefois pas ĂȘtre rĂ©glĂ©e uniquement en distribuant davantage de nourriture.
L'organisme pointe notamment du doigt le coût du logement, du transport et des autres dépenses essentielles, qui laisse de moins en moins d'argent pour remplir le panier d'épicerie.
Le rapport souligne d'ailleurs que les loyers montréalais ont grimpé d'environ 50 % depuis 2019, une hausse qui pÚse lourd sur le budget de la population, particuliÚrement chez les personnes vivant seules, qui doivent assumer toutes leurs factures avec un seul revenu.
Face à cette situation, le milieu communautaire réclame notamment davantage de logements abordables, une bonification du soutien financier aux personnes à faible revenu vivant seules ainsi qu'une augmentation du salaire minimum au Québec.