FR - Nouvelles

BIXI installe une ÉNORME station devant un club de Montréal et le proprio est révolté

Il est prêt à poursuivre la Ville.

L’heure est à l’installation de centaines de stations de vélopartage à travers Montréal, alors que la saison 2025 de BIXI battra son plein dès le 15 avril prochain. Or, le plaisir des cyclistes ne fait pas nécessairement le bonheur du propriétaire du restaurant et cabaret Yoko Luna, dont l’entrée s’est retrouvée du jour au lendemain habillée d’une nouvelle borne d'une trentaine de vélos.

À lire également : Une « cabane à caramel » 100 % gratuite débarque à Montréal cette semaine

Le 29 mars dernier, John Edward Gumbley, président du groupe JEGantic s’est tournée vers les réseaux sociaux pour partager son mécontentement à l’endroit de la Ville de Montréal et de BIXI.

En commentaire sous une publication Instagram de MTL Only montrant plusieurs commerces être bloqués par des stations BIXI, Gumbley en a profité pour apostropher la mairesse de Montréal Valérie Plante.

Une capture d'\u00e9cran. Un propriétaire dénonce l'arrivée de stations de BIXI devant l'entrée de ses commerces du centre-ville de Montréal. Capture d'écran | Instagram


« Nous allons perdre des millions en ventes, alors que nous avons investi plusieurs millions et employons jusqu’à 500 personnes dans la ville. Essayez-vous simplement de ruiner tout le monde à Montréal? Nous espérons une réponse [et] une poursuite s’en vient », écrit-il.

En entrevue avec nos collègues de MTL Blog, celui qui est également propriétaire du Bord’elle, The Farsides, le Hang Bar et le Boa Via Day Club soutient que les stations sont apparues vendredi matin sans aucun préavis.

« En ce moment, je suis en communication avec BIXI, mais je ne suis pas encore en contact avec le bon interlocuteur — c’est-à-dire la personne décisionnaire de leur entreprise », indique-t-il.

Un enjeu de sécurité?

John Edward Gumbley est sans équivoque : en plus de bloquer le service de voiturier, la présence d’une telle plateforme devant l’entrée de son établissement est un risque pour sa clientèle en cas d’incendie majeur.

« Yoko Luna peut accueillir 800 personnes. Il est impensable d’avoir un aussi grand obstacle que les gens doivent contourner en cas d’incendie ou d’urgence — cela va créer un effet d’entonnoir », confie l’entrepreneur montréalais.

Il se rappelle qu’en 2024, les bornes de stationnements à vélos étaient installées de biais, ne bloquant aucune entrée de commerce.

« Cette année, ils les ont placées en plein devant nos établissements. Là où ils les mettaient avant, il n’y avait aucun commerce. Ça ne fait aucun sens », s’insurge-t-il.

Plusieurs personnes lui auraient souligné que la borne avait peut-être été placée à cet endroit par mégarde. « Avec la Ville et les problèmes de communication qu’on connaît ici, je ne serais pas surpris que ce soit une erreur chaotique. »

BIXI a confirmé à Narcity Québec être en contact avec M. Gumbley et que ses équipes de planification examinaient présentement la situation.

« BIXI Montréal est à l'écoute des résidents et des commerçants et prend très au sérieux leurs préoccupations, surtout lorsqu'il s'agit de sécurité. Les demandes de modification sont évaluées au cas par cas », souligne l'entreprise par courriel.

Les emplacements, indique-t-on, sont déterminés en fonction de nombreux critères, y compris la sécurité, l’accessibilité et les besoins du réseau. Les villes, la population ou les entreprises locales peuvent suggérer des emplacements de stations, qui font l’objet d’un permis d’occupation annuel.

Pas le premier combat contre la Ville

Il faut dire que ce n’est pas la première fois que John Edward Gumbley doit se buter à un problème avec la Ville de Montréal.

En marge du week-end du Grand Prix de Formule 1, en juin 2024, une inspection du Service de sécurité incendie de la Ville de Montréal (SIM) a mené à un bordel sans précédent chez plusieurs restaurateurs et restauratrices du centre-ville.

Si certain.e.s ont du revoir les plans de leur terrasse estivale, John Edward Gumbley, lui, a été forcé de retirer 150 000 $ de décor intérieur, comprenant notamment des plantes artificielles un peu partout dans la salle, 24 heures avant le début des festivités.

« Ils sont arrivés jeudi soir à minuit pour nous dire que tout cela devait être fait avant de revenir le lendemain [vendredi], vers 22 h. Sinon, ils nous fermeraient », avait-il confirmé à Narcity Québec à l’époque.

Au moment d’écrire ses lignes, ni la Ville de Montréal ni le SIM n’avaient répondu à nos questions.